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Pour réussir dans l’accomplissement d’un projet, il faut d’abord croire à ses propres capacités, avoir de la ténacité, avoir de la persévérance et surtout avoir de la chance.
Aujourd’hui, Zaki est le patron de l’équipe nationale. Mieux encore, jamais un entraîneur marocain, par le passé, n’a réussi ce que Zaki a réussi avec l’équipe nationale.

La conséquence immédiate d’une telle consécration : Zaki est l’entraîneur marocain le mieux payé de toute l’Histoire du football marocain.

Badou Zaki a eu le mérite d’imposer ses propres conditions. Or, seuls les entraîneurs étrangers avaient la possibilité d’agir ainsi. Mais le chemin le conduisant vers cette situation n’a pas été sans difficultés.

Vers la fin des années 70, un jeune homme débarqua de Salé à Casablanca. Il était alors « junior » de l’A.S.S. S’il était resté à Salé, il n’y aurait jamais eu ni de Badou Zaki, le gardien de l’équipe nationale, ni de Badou Zaki, le sélectionneur national de maison : Celui qui s’occupe aujourd’hui des gardiens de but de l’équipe nationale, Laâlou, était le gardien titulaire de l’équipe première. Il était en possession de toutes les qualités requises lui permettant de durer encore longtemps le gardien numéro un du club slaoui. Zaki n’avait aucune chance au sein de l’A.S.S.

Contacté par les dirigeants du Wydad qui dominait alors le championnat marocain sous la houlette du duo « Khatti et Bettache », Zaki ne se posa pas de question. Il savait que c’était la chance de sa vie. La tournure actuelle des événements prouve qu’il avait raison.

Le Wydad à l’époque était le club n° 1 du Royaume. La formation était plus qu’équilibrée. Elle était homogène en tant que groupe et forte au niveau des individualités. Seul le poste de gardien constituait le maillon faible. Zaki ne tarda pas à prendre possession de la cage du Wydad.

Par la suite, il prit le relais de Hazzaz comme portier de l’équipe nationale juste après la fameuse défaite face à l’Algérie.

Ce fut le début d’une longue carrière. Une carrière réussie qui le conduisait après le Mondial de 86 en Espagne. Maillorque trouva en lui l’oiseau rare. Il y passa plusieurs saisons. Il marqua et la ville et le club de son empreinte. Aujourd’hui encore les traces matérielles de ce passage existent encore. D’abord, la ville lui offre une place de choix au sein du musée municipal. Une statut de cire, représentant Badou Zaki, pour témoigner de la place occupée par Zaki. Ensuite, des liens plus qu’amicaux entre les dirigeants du club espagnol et le « keeper » marocain sont toujours d’actualité. C’est ainsi que le président de Maillorque fit spécialement le déplacement en Tunisie, le jour de la finale de la CAN pour supporter moralement son « grand ami » et ancien portier maillorquais, Zaki. Rentré au pays, Zaki le gardien devint Zaki l’entraîneur. Il renforça son expérience sur le terrain par des études académiques en Angleterre. Mais sur le terrain, Zaki ne réussit pas à atteindre ses objectifs. Les expériences avec plusieurs équipes marocaines ne furent pas des réussites.

Il y avait toujours quelques choses qui faisaient grincer la machine. Le « cran » de Zaki ne trouva pas de terrain propice pour pratiquer ses idées. Zaki a toujours eu une forte personnalité. C’est un meneur d’hommes. Il a des idées. Il a des théories. Mais, il ne réussit pas à matérialiser la conception qu’il se fit de son métier et de son rôle d’entraîneur.

Certains ont considéré alors Zaki comme un entraîneur voué à l’échec. En aparté, ils estimaient qu’il ferait mieux de changer de « veste ». Ils le croyaient comme un « grand » dirigeant tel l’Allemand Franz Bekenbauer !

Mais lui, il savait qu’un jour, il aurait l’occasion de réaliser sa théorie. Il n’avait qu’à patienter. L’espace de quelques occasions, il se transforma en consultant technique de la télévision. Il commenta, expliqua quelques grands moments du football marocain. Il en était le témoin... par l’acteur., Et puis un beau jour, une petite porte s’ouvrit devant lui.

La FRMF cherchait un adjoint marocain, pour seconder le « patron » étranger de l’Equipe Nationale. Zaki déposa sa candidature. Elle fut retenue. L’entraîneur « étranger » de l’Equipe Nationale tardait à reprendre ses fonctions.

Il savait qu’on ne voulait plus de lui. On négociait dans les coulisses une séparation à l’amiable. Entre temps, Zaki, « l’adjoint » devint Zaki « L’intérimaire », c’était sa 2ème chance. Il fit du bon travail. Malgré l’opposition de membres très influents au sein de la FRMF, il finit par devenir officiellement le « patron » de l’Equipe Nationale. Mais un patron « contesté » par quelques « fortes » têtes fédérales qui avaient d’autres projets pour le onze national. Attendu chaque fois au tournant, il réussit pourtant à déjouer toutes les tentatives qui visaient de l’écarter de l’Equipe Nationale.

Son arme face à ses adversaires : les résultats de groupe qu’il a constitué. L’apothéose allait être la prestation de l’Equipe Nationale en Tunisie. La CAN 2004 a été la 3ème CAN, la plus importante dans la carrière footballistique de Zaki. Au début des années 80, la CAN du Nigeria l’avait révélé au grand jour. Celle de 86 en Egypte l’avait confirmé comme un des grands gardiens de l’Afrique, celle de la Tunisie 2004 révéla au grand public l’autre face de Zaki : Zaki le stratège et meneur d’hommes... à partir du banc.

Le jour de la finale, après la défaite, il avait les larmes.

Sa première déclaration fut un ensemble de mots de remerciements adressé à l’homme qui avait cru en lui. Au seul homme de la FRMF qui avait placé sa confiance en lui. Cet homme, c’est le président de la FRMF, M. Hosni Benslimane.

Dès lors, on savait que personne, parmi les responsables, jadis opposés à la présence de Zaki, n’oseraient lever le doigt contre lui. La liesse populaire finit par renforcer la position de Zaki. En professionnel expérimenté, il renégocie son contrat. Il fallait qu’il tire profit de la conjoncture actuelle. C’est son droit. Tout autre entraîneur aurait agi de la même façon.

Aujourd’hui, il sait qu’il joue encore plus gros.

On attendra encore plus de lui et de ses hommes. Il n’aurait même plus droit à l’erreur ! Il sera encore plus sévèrement jugé. Lui, son staff et ses joueurs bénéficient de toutes les conditions possibles pour réussir. On ne leur pardonnera pas de rater les objectifs.

C’est une nouvelle ère qui commence. Celle de Zaki II.

L’ère de Zaki I, était une suite de sympathie, de soutien, de reconnaissance. L’ère de Zaki II aura un autre goût. Tout le monde exigera encore plus. Zaki en est conscient. Les gens ont la mémoire courte, ceux qui vous célèbrent aujourd’hui vous hueront demain. Et si le succès a beaucoup de parents, la défaite, elle, est orpheline.

 
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